Geoffroy de Lagasnerie

Geoffroy de Lagasnerie
Image dans Infobox.
Geoffroy de Lagasnerie à Paris, en 2019.
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Geoffroy Daniel de LagasnerieVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Conjoint
Autres informations
A travaillé pour
Directeur de thèse
Site web

Geoffroy de Lagasnerie, de son nom complet Geoffroy Daniel de Lagasnerie[1], né le [2] à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), est un philosophe et sociologue[3] français.

Il est considéré comme une figure de la nouvelle gauche radicale[4],[5],[6].

Biographie

Famille et vie personnelle

Geoffroy de Lagasnerie est le troisième enfant issu du mariage de Jean-François Daniel de Lagasnerie, ingénieur diplômé de l'École nationale supérieure de l'aéronautique et de l'espace, issu de la famille Daniel de Lagasnerie, appartenant à la bourgeoisie du Limousin[7], et d'Agnès de Goÿs de Meyzerac, issue d'une ancienne famille de la noblesse du Vivarais[8].

Il se pacse avec Didier Eribon en 2003[9].

Carrière

Il est admis à l'École normale supérieure de Cachan en 2003[10]. Il est agrégé de sciences économiques et sociales[11],[12]. Il commence une première thèse[13] avec Frédérique Matonti en 2006, puis change de directeur en cours de route et s'inscrit avec le sociologue Jean-Louis Fabiani[14]. Il soutient finalement une thèse de sociologie[15] à l'École des hautes études en sciences sociales en 2012, sous la direction de ce dernier[16]. À l'inverse de la commission scientifique de l'EHESS qui a autorisé la soutenance, des deux pré-rapporteurs et de trois autres membres du jury[réf. nécessaire], Christian Topalov, professeur de sociologie et ancien directeur au CNRS, émet un avis défavorable sur la qualité de la thèse, son intervention ayant pour conséquence que Lagasnerie n'obtient pas les félicitations du jury[14].

Depuis septembre 2013, il est professeur de philosophie et sociologie à l'École nationale supérieure d'arts de Paris-Cergy[17].

Il est titulaire d'une habilitation à diriger des recherches soutenue à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne en 2018[3].

Il dirige la collection « À venir » aux éditions Fayard[18]. Il fait notamment publier — outre ses propres livres — des ouvrages de Joan W. Scott, Didier Eribon, Judith Butler, Pierre Bergounioux.

Ses travaux portent notamment sur la philosophie politique, la théorie critique, la sociologie du droit et la sociologie des intellectuels. Ses ouvrages sont traduits dans plusieurs langues dans divers pays[19],[20],[21],[22],[23],[24].

En 2015, il est classé par le magazine Les Inrockuptibles parmi les cent créateurs qui, dans tous les domaines, « réinventent la culture »[25].

Œuvres principales

Logique de la création

Dans Logique de la création. Sur l'Université, la vie intellectuelle et les conditions de l'innovation (2011), Geoffroy de Lagasnerie dénonce « le grand renfermement des universitaires sur eux-mêmes au sein de l’Université »[26], où se maintient selon lui une « idéologie de la recherche obsédée par l’idée de maintenir une frontière entre l’interne et l’externe, les professionnels et les profanes » qui conduit à « détruire l’idée même de s’adresser à d’autres publics et de construire sa pensée en interaction avec l’espace social »[27].

Il fait l'éloge des intellectuels comme Bourdieu, Foucault, Deleuze, Derrida[28], qui, en évoluant en marge de l'institution, ont pu selon lui s'émanciper des dogmes pour aboutir à des « démarches authentiquement créatrices » qui « se définissent par leur souci de s’adresser à des publics hétérogènes, indéterminés et surtout à venir[27]. »

La Dernière Leçon de Michel Foucault

À partir des derniers cours donnés par Michel Foucault au Collège de France, Geoffroy de Lagasnerie souhaite développer une philosophie de l’émancipation à l’ère néolibérale[29], et se demande comment concevoir « une investigation critique du néolibéralisme qui ne présenterait pas de manière valorisée ce que le néolibéralisme a défait, qui ne s’adosserait pas, consciemment ou inconsciemment, aux valeurs prélibérales », qu'il juge autoritaires et bureaucratiques[30].

Serge Halimi remarque, dans Le Monde diplomatique, que les positions de l'auteur le placent aux antipodes de celles de Jean-Claude Michéa[31], et y voit « les deux pôles entre lesquels tâtonne la gauche française »[30].

L'Art de la révolte. Snowden, Assange, Manning

Geoffroy de Lagasnerie consacre cet ouvrage aux lanceurs d'alerte et activistes Edward Snowden, Julian Assange, et Chelsea Manning, qu'il qualifie de « personnages exemplaires »[32], et qui, selon lui, « font quelque chose de singulier qui est d’inventer une nouvelle manière de se révolter, de faire de la politique, de comprendre ce qu’est un sujet politique »[33] par leur action consistant à « réactiver l’exigence démocratique, à l’heure où les États utilisent les prétextes de la lutte contre le terrorisme et de la préservation de la sécurité nationale pour multiplier les dispositifs d’exception »[32].

En 2016, Geoffroy de Lagasnerie organise une journée consacrée aux thèmes de L'Art de la révolte, dans le cadre du festival « Hors Piste » du Centre Pompidou, avec le concours de l'École nationale supérieure d'arts de Paris-Cergy et de l'artiste Sylvie Blocher[34]. Outre plusieurs intervenants issus du monde artistique et académique, comme Céline Sciamma ou Achille Mbembe, on y retrouve Julian Assange, interrogé par Skype. Les organisateurs veulent voir dans cette journée « quelque chose qui pourra valoir comme des états généraux de la politique contemporaine[35]. »

Juger. L'État pénal face à la sociologie

Dans cet essai, Geoffroy de Lagasnerie s'intéresse aux logiques de l'État répressif et élabore une critique radicale du droit pénal au croisement des questions du pouvoir et de la violence[36],[37]. Il voit dans le tribunal « l’un des lieux les plus violents de la vie sociale » où l'État oriente « notre regard vers des individus plutôt que vers des phénomènes collectifs »[38] et conteste la notion de responsabilité individuelle, en s'appuyant sur les travaux du sociologue Paul Fauconnet[39].

En s'inspirant de la justice réparatrice, Lagasnerie souhaite repenser une « une gestion des illégalismes qui s’émanciperait de la logique de la pénalité et de la répression »[39] pour aboutir à un « droit non pénal » et une justice plus démocratique, qui « ne fonctionnerait plus à la souveraineté »[39] et qui serait « au service des individus et non un ordre qui s’impose à eux — victimes comme auteurs d’ailleurs — de l’extérieur »[38].

Penser dans un monde mauvais

Cet essai est décrit par Les Inrocks comme une « sorte de discours de la méthode adressé à ceux qui voudraient concilier écriture théorique et pratique contestataire, ou qui ne mesurent pas encore que toute forme d’écriture théorique ambitieuse constitue, en soi, une pratique contestataire[40]. »

Lagasnerie veut placer la question de l'articulation de l'activité intellectuelle au monde réel au cœur de la réflexivité des chercheurs en sciences sociales[41], et vise ainsi à « concevoir une pratique des sciences sociales qui soient en même temps une pratique de connaissance et une pratique déstabilisatrice »[40]. Il critique ce que Michel Foucault appelle « la grande confrérie de l'érudition inutile », dont la production d'un savoir vrai, neutre et « désengagé » lui apparaît comme une « collaboration objective » à l'ordre social[42]. Il invite à « penser par système » et non plus par objet, pour « déconstruire les systèmes de pouvoir qui nous produisent inconsciemment » et ainsi retrouver la vocation subversive des sciences sociales[42].

La Conscience politique

La Conscience politique (2019) est une tentative de « clore le cycle de la théorie politique » traditionnelle, que Geoffroy de Lagasnerie juge productrice de « récits qui se font passer pour du savoir alors qu’ils relèvent de la mythologie » et dont le vocabulaire, selon lui, ne « nous permet tout simplement pas de comprendre la vérité de notre condition »[43]. Il cherche donc à inventer un nouveau langage politique, qui permettrait de s'affranchir « d’une forme de légitimisme inscrit dans la pensée du droit et de l’État »[44]. Il opère une critique générale contre la philosophie politique et certains de ses représentants, comme Thomas Hobbes, Giorgio Agamben ou Chantal Mouffe[45], mais également le Comité invisible qui, selon lui, n'a « aucun rapport avec la contestation réelle »[43].

Geoffroy de Lagasnerie fonde ce nouveau langage d'opposition sur les analyses du Black Panther Party, notamment sur la nature « coloniale » du rapport entre les Noirs et la loi américaine. Ainsi, selon lui, « voter, c’est utiliser l’État pour imposer sa volonté à quelqu’un d’étranger à soi », et « c’est à dénier cette violence que servent les catégories abstraites et englobantes du discours politique », comme la démocratie, le peuple, l'autodétermination ou la désobéissance civile[43]. Il prône une « compréhension réaliste de notre condition », qui exige de ne plus considérer l'État comme une entité autonome : « ce ne sont pas des “Lois” qui s’imposent à nous, mais des volontés particulières déguisées en Lois et armées de la police »[43].

Il réfute également la catégorie de la « non-violence »[45] :

« Quelqu’un qui se dit non violent devrait en fait dire : je suis favorable au monopole étatique de la violence et au sacrifice de soi[46]. »

Il s'étonne, par ailleurs, que beaucoup aient « du mal à prendre conscience de la réalité de la violence de l’État. L’État a beau mettre en prison, perquisitionner, menotter, mutiler, on le considère toujours comme un acteur de pacification[43]. » Sur la question de la violence, il se revendique de la pensée de Günther Anders, à l'instar de Frédéric Lordon[46],[47].

L'ouvrage a été salué comme une contribution essentielle à la théorie contemporaine dans un long article de discussion de Willam James Earle paru dans la revue académique de philosophie américaine Philosophical Forum[48].

Sortir de notre impuissance politique

Dans Sortir de notre impuissance politique (2020), Lagasnerie part du principe que la gauche régresse et accumule les échecs depuis des décennies et propose d'interroger ses stratégies et ses modes de pensée afin de les refonder pour que l'arc progressiste puisse redevenir puissant politiquement.

« En moins d’une centaine de pages, écrites avec clarté sous la forme d’une conférence, le philosophe et sociologue cherche les causes des échecs répétés du camp progressiste depuis des décennies, et les moyens de sortir de cette spirale du désespoir. Membre du Comité Adama et soutien de l’Action Antifasciste Paris Banlieue (entre autres), Geoffroy de Lagasnerie est immergé dans les luttes. Cela rend sa critique des failles du mouvement social d’autant plus aiguë » estime Les Inrocks[49].

Prises de position

Débats académiques

Le 30 juillet 2014, Geoffroy de Lagasnerie cosigne avec l'écrivain Édouard Louis une tribune dans Libération, appelant au boycott de la 17e édition du cycle de conférences « Les Rendez-vous de l'histoire » de Blois, ayant pour thème « Les Rebelles »[50]. Le boycott vise à protester contre l'invitation faite à Marcel Gauchet de prononcer la conférence inaugurale de l'événement, ce dernier étant à leurs yeux un intellectuel réactionnaire et « un rebelle contre les rebellions et les révoltes »[51]. Marcel Gauchet réagit à cette tribune en la qualifiant de « pignolerie parisienne » et de « bêtise rétrograde d’une extrême gauche en délire[52]. »

En , il accuse la sociologue Nathalie Heinich d'homophobie et de « prises de positions réactionnaires »[53], et lance une pétition visant à lui retirer le prix Pétrarque. La pétition est signée par plus de 1 800 personnes, dont Didier Eribon, Alain Seban, Hélène Hazera, Olivier Le Cour Grandmaison, Jean-Loup Amselle et le directeur du CRAN, Louis-Georges Tin[54]. Nathalie Heinich répond à Lagasnerie dans la revue Limite, le qualifiant de « sociologue connu pour sa malveillance »[55].

Positions publiques

En 2015, Geoffroy de Lagasnerie cosigne avec Édouard Louis un manifeste intitulé « Intellectuels de gauche, réengagez-vous ! »[56].

La même année, il est signataire de l'« appel des 800 » en faveur d'une politique d'accueil des migrants plus respectueuse des Droits de l'homme que celle appliquée par le gouvernement français.[57]

En 2016, il adresse avec Édouard Louis une lettre ouverte au Premier ministre Manuel Valls, dans laquelle ils l'accusent de ne pas essayer de comprendre les causes du terrorisme[58]. Manuel Valls répond à cette lettre[59] dans une tribune à Libération[60],[61],[62],[63], où il déclare notamment :

« Qui peut sérieusement soutenir que le gouvernement détourne les yeux face aux inégalités sociales, au chômage, à l'exclusion, aux discriminations, à la situation dans nos quartiers ? J'ai été l'un des premiers à dénoncer l'existence d'un apartheid social et territorial au sein de notre République[60]. »

À la suite de cet échange, Lagasnerie insiste sur la nécessité de rechercher des « explication[s] non terroriste[s] du terrorisme »[64],[65].

En , il signe une tribune dans Libération intitulée « En défense des accusés du quai Valmy », soutenant des individus jugés au tribunal pour avoir incendié une voiture de police avec ses occupants, lors d'une manifestation organisée par le collectif « Urgence notre police assassine »[66].

Au cours de cette même année, Geoffroy de Lagasnerie soutient la lutte d'Assa Traoré et la famille d'Adama Traoré contre les violences policières et déclare voir dans cette lutte le « centre du monde »[67],[68],[69],[70],[71]. En 2019, il publie Le Combat Adama avec Assa Traoré, qui relate leurs années de lutte[72].

En avril 2020, il proteste contre le confinement en vigueur en France[73], qui a selon lui « produit un éclatement et une délégitimation de toutes les formes de vie non institutionnelles et familiales », en agissant comme un « vecteur d’une normalisation d’un modèle familial »[74].

Choix électoraux

Sur France Inter, le , il déclare qu'il vote toujours pour le « moins pire », qu'il a voté pour Emmanuel Macron au 2d tour de l'élection présidentielle de 2017, et qu'il « l'assume »[75].

En , il apporte son soutien aux candidats de La France insoumise dans le cadre de l’élection législative partielle de la première circonscription de l’Essonne[76].

Le , il annonce qu'il votera pour la liste de Manon Aubry de La France insoumise aux élections européennes[77].

Réception critique

Réception académique

Le philosophe et politologue Achille Mbembe écrit, dans un commentaire sur L'Art de la révolte, que Geoffroy de Lagasnerie est « sans doute l'un des plus talentueux [penseurs] de la nouvelle vague de la French Theory »[78]. À l'inverse, pour les sociologues Nathalie Heinich et Marc Joly, invités en de l'émission Répliques animée par Alain Finkielkraut[79], « personne ne prend au sérieux » ses déclarations.

Plusieurs comptes rendus des travaux de Lagasnerie soulignent leurs qualités argumentatives et critiques[80],[81] et leur « brio »[82].

Le journaliste Pierre Adeline évoque, au sujet de l'ouvrage L'Art de la révolte, une « réflexion d’avant-garde »[83]. Dans un commentaire sur Lagasnerie et son ouvrage Juger, l'écrivain François Bégaudeau note : « L'homme est jeune, déterminé, résolu à faire entendre sa voix. Et y parvient, puisque son dernier livre, puissant, décisif, programmatique, est déjà beaucoup commenté et discuté. »

D'autres comptes rendus notent toutefois que « Lagasnerie ne s'appuie sur aucune investigation réelle, aucune donnée empirique[84] », et que la réflexion y est « fragilisée par son manque de précision (empirique et conceptuelle) »[85]. Dans le cas de l'ouvrage Juger, une recension critique de l'ouvrage note par exemple que la notion d'État de droit y est définie de manière « floue » et « caricaturale », et que la démarche « radicalement anti-empiriste » de l'auteur le conduit à raisonner « en vase clos » sur la base de « généralités » qui le conduisent à une « critique désincarnée et purement spéculative »[86]. Cette critique a elle-même été interprétée de manière critique par Philippe Corcuff comme faisant de Lagasnerie un « bouc émissaire » des dérèglements du « ressentiment » générés par les institutions académiques[87]. De la même manière, la philosophe Judith Butler juge « logique » qu’en retour de sa critique de l’institution « ceux qui contrôlent précisément les disciplines cherchent à l’écarter[9]. »

Dans leur livre Le Danger sociologique, les sociologues Gérald Bronner et Étienne Géhin critiquent les supposées dérives idéologiques de la discipline, qui perd de vue, selon eux, sa vocation scientifique. Ils ciblent en particulier les sociologues dont la vision dite « hyperdéterministe » tendrait à nier la liberté individuelle, et « qui expliquent que les djihadistes du 13 novembre 2015 “ont plaqué des mots djihadistes sur une violence sociale qu'ils ont ressentie quand ils avaient 16 ans”[88]. » Geoffroy de Lagasnerie fait partie des sociologues visés.

Selon la philosophe Sandra Laugier, Lagasnerie n'est certes pas un sociologue mais plutôt un « philosophe, voire un théoricien politique important »[14].

Réception médiatique

Le , la journaliste Judith Waintraub, dans un article sur « les agents d’influence de l’islam » publiée par Le Figaro Magazine, liste des « intellectuels, responsables politiques ou acteurs associatifs de l'islamo-gauchisme » qui, selon elle, « investissent l'espace médiatique », et elle cite une tribune de Lagasnerie. Ce dernier aurait recherché des justifications sociales à l'acte des jeunes ayant incendié un véhicule de police sur le quai de Valmy, ce qui participerait à la lutte contre l'« islamophobie »[89].

Pour Sandra Laugier, si Lagasnerie donne l’impression de créer tant de remous « c’est peut-être aussi parce que la gauche a cessé d’en faire. Les appels à la modération ne sont plus d’aucune efficacité et, de ce point de vue, Geoffroy a une utilité, sa pensée est stimulante[9]. »

Daniel Schneidermann note que les propos médiatiques de Lagasnerie peuvent parfois « dépasser un peu sa pensée » et qu'il « provoque, avec un art consommé de la provocation », en connivence avec les journalistes, jusqu'à en arriver à prononcer des « gros mots » pour le grand public[90].

Polémiques

Critique du travail de David Dufresne sur les violences policières

Le , Geoffroy de Lagasnerie estime que le travail d'archivage et de compilation des violences policières de David Dufresne, pendant le Mouvement des Gilets jaunes, est « d'une certaine manière […] un peu complice de l'ordre policier ». Il déclare :

« Même si le travail de David Dufresne est admirable parce qu’il a permis de montrer les stratégies politiques de terroriser les manifestants pour les faire rentrer chez eux […] la manière dont [il] découpe ce qui est violent (un tir de flashball, un bleu, une blessure, une mutilation) participe d’une déscandalisation des pratiques que la police a conquis sur nos corps depuis 30 ans[91]. […]

La catégorie de violences policières est, pour moi, extrêmement problématique car elle conduit à ne plus considérer comme violences que ce qui est illégal — c’est-à-dire qu’on ne va plus considérer comme violences policières une arrestation sur la route, une perquisition où un flic surgit à h du matin, casse une porte, met des menottes à quelqu’un — mais uniquement ce qui est particulièrement brutal. Mais c’est oublier que la police comme institution est par essence violente[91]. »

La critique suscite de nombreuses réactions hostiles. Daniel Schneidermann y voit une stratégie promotionnelle pour le lancement de son ouvrage Le Combat Adama, co-écrit avec Assa Traoré, mais ajoute : « Le mérite de cette assertion est de rappeler une évidence : oui, le pouvoir médiatique de visibiliser, revient toujours à invisibiliser ce qu'on ne visibilise pas. Braquer le projecteur sur un visage mutilé, c'est toujours laisser dans l'ombre l'immense injustice qui oppresse le reste de l'univers. Il est bon de le savoir. Et de continuer tout de même[92]. »

Quelques jours plus tard, Lagasnerie s'excuse nommément auprès de David Dufresne d'avoir employé le mot « complice », sur les ondes de France Culture, tout en promouvant un « débat interne à la gauche », « dans un espace où on sait qu'on partage des combats communs, mais où on réfléchit ensemble sur la meilleure manière de les faire vivre[93]. »

Selon Simon Blin, journaliste à Libération, Lagasnerie plaide pour un débat, « lui qui refuse tant que l’on discute ses propres thèses[9]. »

Appel à la création de censures dans l'espace public

En septembre 2020, en marge de la sortie de son essai Sortir de notre impuissance politique, Lagasnerie provoque une polémique à la suite d'un entretien chez France Inter en affirmant : « Je pense que la politique est de l'ordre de l'antagonisme et de la lutte et j'assume totalement le fait qu'il faille reproduire un certain nombre de censures dans l'espace public, pour rétablir un espace où les opinions justes prennent le pouvoir sur les opinions injustes. » Il ajoute qu'il ne s'agit pas pour lui d'être favorable à des interdictions d'État[94] mais « à une forme de mépris que la gauche doit avoir pour les opinions de droite » pour en freiner la « diffusion publique » et, visant plus particulièrement ce qu'il qualifie de « débats d'extrême droite ou semi racistes » sur certaines chaînes d'information, arrêter d'en être « contaminés dans nos espaces de gauche » et « les laisser tranquille dans leur coin, dans leur silence, les mépriser, les renvoyer à leur insignifiance »[95].

La maire de Paris, Anne Hidalgo, juge son discours « inspirant »[9]. Daniel Schneidermann voit dans l'affirmation polémique de Lagasnerie une « punchline » qui a dépassé sa pensée, et estime que Lagasnerie, « poussé dans ses retranchements » sur son idée de « censure », s'est replié ensuite sur une idée de « boycott »[96]. Par contre, le journaliste Louis Nadau de Marianne voit dans l'affirmation polémique de Lagasnerie une nouvelle « "censure" pour les "impurs" »[94], et Olivier Babeau, dans Le Figaro, s'inquiète quant à lui d'un « discours d’extrême gauche indigent et hostile aux principes de la démocratie libérale, qui reçoit un accueil complaisant dans l’audiovisuel public »[97]. Le discours de Lagasnerie provoque une levée de boucliers sur les réseaux sociaux, tant à gauche qu'à droite[9],[98].

Daniel Schneidermann estime également que l'accueil fait au discours de Geoffroy de Lagasnerie contraste avec celui réservé aux caricatures de Charlie Hebdo : « S’il est évident que Charlie a « le droit » de publier les caricatures de Mahomet, il n’est pas du tout certain que le philosophe Geoffroy de Lagasnerie bénéficie du même droit de prononcer quelques provocations le matin sur France Inter. »[96] Valérie Toranian juge la comparaison de Schneidermann « écœurant[e] » car « ceux de Charlie sont morts pour la liberté d'expression » tandis que, selon elle, Lagasnerie propose « justement de supprimer » cette liberté d'expression par la création « de nouveaux espaces de censure[99]... ».

Publications

Ouvrages

Chapitres d'ouvrages

  • « Exister socialement. Sur la sociologie et les théories de la reconnaissance » in Édouard Louis (dir), Pierre Bourdieu, l'insoumission en héritage, PUF, coll. « Hors collection », 2013
  • « Que signifie penser ? », in François Caillat (dir.), Foucault contre lui-même, PUF, coll. « Des mots », 2014

Articles

Prix

  • 2016 : Prix de l'écrit social pour son ouvrage Juger, L'État pénal face à la sociologie[100].

Notes et références

  1. Daniel de Lagasnerie étant son nom de famille complet. Cf Lettre de l' École des hautes études en sciences sociales : soutenance de thèse au nom de : Geoffroy Daniel de Lagasnerie.
  2. Claude-Odette Portefin, Généalogie de la famille Delamotte (Champagne), 1989, page 53.
  3. a et b « Texte de soutenance d’habilitation à diriger des recherches où il définit la théorie politique comme son domaine de recherche », Le site de Geoffroy de Lagasnerie,‎ (lire en ligne, consulté le 19 juin 2018).
  4. Edouard Louis : la vie avec ses frères d’armes et d’esprit, le Monde, 10 août 2018.
  5. « Edouard Louis : gros melon et porte-flingues », Marianne le 14/06/2018.
  6. « Principes d’élection et de persécution vont de pair », sur Le Soir Plus, (consulté le 1er juin 2020).
  7. Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, tome XIII, 1914, page 91.
  8. E. de Séréville, F. de Saint-Simon, Dictionnaire de la noblesse française, 1975, p. 496.
  9. a b c d e et f Simon Blin, « Geoffroy de Lagasnerie, il n’y a pas débat », sur Libération.fr, (consulté le 15 octobre 2020).
  10. Journal Officiel du 14 mai 2003, page 8279, arrêté du 7 avril 2003 portant nomination d'élèves à l'École normale supérieure de Cachan au nom de : M. Daniel de Lagasnerie (Geoffroy).
  11. « Comment va la démocratie ? », sur ARTE Info (consulté le 18 juillet 2018).
  12. « Penser enfin le contemporain : Geoffroy de Lagasnerie », sur archives.magazine-litteraire.com (consulté le 18 juillet 2018).
  13. « Comment devient-on un grand penseur ? Les cas de Foucault, Bourdieu, Deleuze et Derrida » sur theses.fr.
  14. a b et c Bruno Rieth et Kévin Boucaud-Victoire, « Didier Eribon, Geoffroy de Lagasnerie, Édouard Louis : le maître censeur et sa relève », sur marianne.net, (consulté le 7 mars 2021)
  15. « Les conditions de la création théorique » sur lettre.ehess.fr.
  16. Dir. Jean-Louis Fabiani : voir sur cespra.ehess.fr.
  17. « Équipe pédagogique », sur ENSAPC (consulté le 15 octobre 2020).
  18. « BnF Catalogue général », sur catalogue.bnf.fr (consulté le 25 mars 2016).
  19. (de) Passagen Verlag Ges.m.b.H Wien, « Passagen Verlag: Affichage détails », sur passagen.at (consulté le 23 octobre 2017).
  20. (es) La última lección de Michel Foucault. Sobre el neoliberalismo, la teoría y la política, Fondo de Cultura Económica, , 116 p. (ISBN 978-987-719-070-0, présentation en ligne).
  21. (pt) A última lição de Michel Foucault, Três Estrelas, , 168 p. (ISBN 978-85-65339-13-1, présentation en ligne).
  22. « 福柯晚年向右转了吗?他的最后一课像一份世界的尸体解剖报告_思想市场_澎湃新闻-The Paper », sur thepaper.cn (consulté le 5 novembre 2016).
  23. « L'ARTE DELLA RIVOLTA », sur stampalternativa.it (consulté le 5 novembre 2016).
  24. (en) Stanford University Press, « Judge and Punish: The Penal State on Trial | Geoffroy de Lagasnerie », sur sup.org (consulté le 10 mai 2018).
  25. « Les 100 qui réinventent la culture : l’édito », Les Inrockuptibles, 23 juin 2015.
  26. Alexis Pierçon-Gnezda, « La philosophie en état de mort cérébrale ? », sur Libération.fr, (consulté le 20 octobre 2020).
  27. a et b « Geoffroy de Lagasnerie fait sortir les chercheurs de l’université », sur Libération.fr, (consulté le 20 octobre 2020).
  28. « La pensée universitaire en mal d'innovation », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 20 octobre 2020).
  29. « "Foucault a été fasciné par le néolibéralisme, qui a fait écho à ses propres questionnements" », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 20 octobre 2020).
  30. a et b Serge Halimi, « Le laisser-faire est-il libertaire ? », sur Le Monde diplomatique, (consulté le 20 octobre 2020).
  31. « Trois réflexions sur le libéralisme », sur Le Monde diplomatique, (consulté le 20 octobre 2020).
  32. a et b « “Assange, Manning et Snowden, un nouveau rapport à la politique” », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 20 octobre 2020).
  33. « Geoffroy de Lagasnerie : l'art de la révolte. Snowden, Assange, Manning », sur France Culture (consulté le 20 octobre 2020).
  34. « Hors Pistes 2016 : Les Anarchives de la révolte », sur centrepompidou.fr (consulté le 20 octobre 2020).
  35. « L’art de la révolte analysé de fond en comble à Beaubourg », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 20 octobre 2020).
  36. « “Juger” : Geoffroy de Lagasnerie dévoile la réalité de la violence pénale », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 20 octobre 2020).
  37. « La volonté de punir - Ép. 4/4 - Le pouvoir de la sanction », sur France Culture (consulté le 20 octobre 2020).
  38. a et b Sonya Faure et Anastasia Vécrin, « Geoffroy de Lagasnerie: «Le tribunal apparaît comme un des lieux les plus violents de la vie sociale» », sur Libération.fr, (consulté le 20 octobre 2020).
  39. a b et c Gilles Sainati, « “Juger”. L’État pénal face à la sociologie », sur Le Monde diplomatique, (consulté le 20 octobre 2020).
  40. a et b « Geoffroy de Lagasnerie contre “la grande confrérie de l’érudition inutile” », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 20 octobre 2020).
  41. « De l'esprit avec de Lagasnerie ! », sur franceinter.fr (consulté le 20 octobre 2020).
  42. a et b Hugo Lassalle, « Penser dans un monde mauvais », sur Le Monde diplomatique, (consulté le 20 octobre 2020).
  43. a b c d et e Geoffroy de Lagasnerie, « Entretien à propos de «La Conscience Politique» », sur Club de Mediapart (consulté le 20 octobre 2020).
  44. « Geoffroy de Lagasnerie : “On a du mal à prendre la violence d’État au sérieux” », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 20 octobre 2020).
  45. a et b « Geoffroy de Lagasnerie, philosophe du désordre : "La non-violence, ça n’existe pas" », sur franceinter.fr (consulté le 20 octobre 2020).
  46. a et b christophe gueugneau, « Violence versus non-violence: le débat revient en force », sur Mediapart (consulté le 20 octobre 2020).
  47. « Détruire le capitalisme avant qu’il ne nous détruise (à propos de Lubrizol) », sur Le Monde diplomatique, (consulté le 20 octobre 2020).
  48. (en) William James Earle, « A Critical Study of Geoffroy de Lagasnerie’s La conscience politique », The Philosophical Forum, vol. 51, no 3,‎ , p. 199–219 (ISSN 1467-9191, DOI 10.1111/phil.12259, lire en ligne, consulté le 27 décembre 2020).
  49. « Boycott, censure : ce que dit vraiment Geoffroy de Lagasnerie dans son livre », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 28 décembre 2020).
  50. « Edouard Louis et Geoffroy de Lagasnerie : “Un rebelle est forcément progressiste" », Les Inrocks,‎ (lire en ligne, consulté le 18 juillet 2018).
  51. Geoffroy de Lagasnerie et Édouard Louis, « Pourquoi nous appelons à boycotter les Rendez-vous de l’histoire de Blois », Libération,‎ (lire en ligne, consulté le 15 juillet 2015).
  52. Pierre Assouline, « Marcel Gauchet serait trop réactionnaire pour parler des rebelles », La République des livres, (consulté le 15 juillet 2015).
  53. « Sociologie et “homophobie” : un prix et une discorde », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 4 août 2017).
  54. « Signez cette pétition ! », sur Change.org (consulté le 7 août 2017).
  55. « Nathalie Heinich : Pétrarque conte les ragots », Limite,‎ (lire en ligne, consulté le 4 août 2017).
  56. « Manifeste pour une contre-offensive intellectuelle et politique » (consulté le 22 novembre 2015). Texte publié dans Le Monde daté du 27-28 septembre 2015, et republié en langue anglaise dans la Los Angeles Review of Books (en-US) « Manifesto for an Intellectual and Political Counteroffensive - The… », sur The Los Angeles Review of Books (consulté le 24 janvier 2016).
  57. « Jungle de Calais : l'appel des 800 », sur liberation.fr, .
  58. « Manuel Valls, vous n’avez rien fait contre le terrorisme », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 4 août 2017).
  59. « Manuel Valls : «Nous faisons tout contre le terrorisme» », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 4 août 2017).
  60. a et b Tristan Quinault Maupoil, « Terrorisme : Valls dénonce la «cécité» de l'écrivain Édouard Louis », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne, consulté le 4 août 2017).
  61. « Dans Libé, Edouard Louis et Manuel Valls se demandent pourquoi les terroristes sont méchants », Marianne,‎ (lire en ligne, consulté le 4 août 2017).
  62. « "Nous faisons tout contre le terrorisme" : répond Manuel Valls à Edouard Louis », LExpress.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 4 août 2017).
  63. (de) Felix Stephan, « Frankreich: Links und linkser », Die Zeit,‎ (ISSN 0044-2070, lire en ligne, consulté le 4 août 2017).
  64. « L’insurrection, et si elle était là ? », sur Rue89 (consulté le 24 janvier 2016).
  65. « Les terroristes se retrouveraient totalement dans le discours de Valls », sur @rrêt sur images (consulté le 24 janvier 2016).
  66. « En défense des accusés du quai de Valmy », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 25 octobre 2017).
  67. « Lettre à Assa Traoré », sur bondyblog.fr (consulté le 4 août 2017).
  68. « La mort d'Adama Traoré, une affaire d'État », Slate.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 4 août 2017).
  69. « Assa Traoré, un an de combat pour la vérité », France Culture,‎ (lire en ligne, consulté le 4 août 2017).
  70. « 10 choses à savoir sur Assa Traoré », L'Obs,‎ (lire en ligne, consulté le 4 août 2017).
  71. « Adama Traoré : l'intellectuel Geoffroy de Lagasnerie et Assa Traoré appellent à une commémoration le 22 juillet », Clique.tv,‎ (lire en ligne, consulté le 4 août 2017).
  72. Togola, « Un jour, un livre: Le combat Adama ou la lutte pour le changement », sur Club de Mediapart (consulté le 16 octobre 2020).
  73. La rédaction de Mediapart, « “À l’air libre” : Macron et ses promesses sans garanties, les effets psy du confinement et nos corps surveillés », sur Mediapart (consulté le 20 octobre 2020).
  74. Raphaël Kempf, « Et le gouvernement décida de confiner les libertés », sur Le Monde diplomatique, (consulté le 19 octobre 2020).
  75. Geoffroy de Lagasnerie, Nicolas Demorand , Léa Salamé, dans L'invité de 8 h 20 : le grand entretien sur France Inter (, 24 minutes) Consulté le ..
  76. « Pourquoi nous soutenons toujours la candidature de Farida Amrani et Ulysse Rabaté », sur regards.fr, (consulté le 7 novembre 2018).
  77. Geoffroy De Lagasnerie, « Voter pour la liste de Manon Aubry, de la France insoumise le 26 mai prochain », sur Club de Mediapart (consulté le 6 mai 2019).
  78. (en) Stanford University Press, « The Art of Revolt: Snowden, Assange, Manning | Geoffroy de Lagasnerie », sur sup.org (consulté le 12 février 2018), onglet « reviews ».
  79. « La grande querelle des sociologues », France Culture,‎ (lire en ligne, consulté le 12 février 2018).
  80. François Saint-Pierre, « En lisant le dernier livre de Geoffroy de Lagasnerie, “Juger. L’État pénal face à la sociologie” », sur Dalloz Actualité, (consulté le 22 mai 2016).
  81. Thierry Pech, « Critique de la raison universitaire », sur laviedesidees.fr (consulté le 19 mars 2016).
  82. Jean-Marc Weller, « Mais où sont les neiges d'Antan ? », Annales des Mines - Gérer et comprendre, no 105,‎ , p. 82–85 (ISSN 0295-4397, lire en ligne, consulté le 4 février 2016).
  83. Pierre Adeline, « L'Art de la révolte », Le Monde,‎ , p. 15.
  84. Jean Birnbaum, « Logique de la création, de Geoffroy de Lagasnerie : la fabrique des débats intellectuels », Le Monde des livres,‎ (lire en ligne, consulté le 13 juillet 2015).
  85. Morgan Jouvenet, « Geoffroy de Lagasnerie, Logique de la création. Sur l’Université, la vie intellectuelle et les conditions de l’innovation », Le Mouvement Social, no 240,‎ , p. 155- 159 (lire en ligne, consulté le 21 mai 2016).
  86. Vincent-Arnaud Chappe, Jérôme Lamy et Arnaud Saint-Martin, « Le tribunal des flagrants délires “sociologiques” », Carnet Zilsel,‎ (lire en ligne).
  87. Philippe Corcuff, « Guide de survie existentielle en milieu académique : de la police du ressentiment. Le cas Jérôme Lamy et Zilsel », Mediapart,‎ (lire en ligne).
  88. Gérald Bronner, interviewé par Eugénie Bastié, « Gérard Bronner : "Les sociologues doivent être des scientifiques, pas des militants" », Le Figaro, samedi 7 / dimanche 8 octobre 2017.
  89. Judith Waintraub, « Politiques, journalistes, intellos: enquête sur les agents d'influence de l'islam », sur lefigaro.fr, .
  90. Daniel Schneidermann, « Charlie et Lagasnerie : sur deux blasphèmes », sur Libération.fr, (consulté le 19 octobre 2020).
  91. a et b « Geoffroy de Lagasnerie : “La police ne sert pas d’abord à appliquer la loi mais à éliminer des groupes sociaux” », sur Regards.fr, .
  92. « Lagasnerie, Dufresne, et "le petit truc en trop" - par Daniel Schneidermann », sur arretsurimages.net (consulté le 2 mars 2020).
  93. « Geoffroy de Lagasnerie : "En attirant l'attention sur un certains nombres [sic] de faits particulièrement violents on peut descandaliser des faits dont on s'est habitué alors qu'ils sont intrinsèquement violents" », sur Dailymotion (consulté le 2 mars 2020).
  94. a et b "Censure" pour les "impurs" : la gauche riante de Geoffroy de Lagasnerie, marianne.net, 1er octobre 2020.
  95. « Geoffroy de Lagasnerie : "La manifestation ou la grève sont des formes d’expression et plus d’action" », sur franceinter.fr (consulté le 15 octobre 2020).
  96. a et b Daniel Schneidermann, « Charlie et Lagasnerie : sur deux blasphèmes », sur Libération.fr, (consulté le 19 octobre 2020).
  97. Olivier Babeau, « Geoffroy de Lagasnerie, un apprenti dictateur au micro », lefigaro.fr, 2 octobre 2020.
  98. « Le sociologue d’extrême gauche Geoffroy de Lagasnerie veut rétablir “une certaine forme de censure” », tribunejuive.info, 2 octobre 2020.
  99. Valérie Toranian, « Les petites frappes de la pensée : apologie de la violence, terrorisme intellectuel, censure », sur revuedesdeuxmondes.fr, (consulté le 2 mars 2021).
  100. Super Utilisateur, « Prix Ouvrage », sur arifts.fr (consulté le 6 novembre 2016).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Information

Article Geoffroy de Lagasnerie en français Wikipedia a pris les places suivantes dans le classement local de popularité:

Le contenu présenté de l'article Wikipédia a été extrait en 2021-06-13 sur la base de https://fr.wikipedia.org/?curid=10031559