Ali Boumendjel

Ali Boumendjel
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Ali Boumendjel, né le à Relizane au sein d'une famille originaire de la commune Beni Yenni (wilaya de Tizi Ouzou) et mort le à El Biar, Alger, est un avocat et militant politique algérien. Torturé et exécuté par les parachutistes du général Massu lors de la bataille d'Alger durant la guerre d'Algérie, son assassinat est alors maquillé en suicide.

Biographie

Issue d’une famille paysanne originaire d'un village de Ath Yenni en Kabylie, Ali Boumendjel nait à Relizane, dans le nord-ouest de l'Algérie, fils de l’un des premiers instituteurs kabyles installés dans l’Oranie[1].

Son frère, Ahmed Boumendjel (1906-1984), fut membre du CNRA, négociateur à Evian et ministre de 1962 à 1964.

Boumendjel fait son cursus scolaire à Larbaâ. Brillant élève, il décroche une bourse qui lui permet d'entrer au collège Duveyrier de Blida, « pépinière nationaliste » où il rencontrera d'autres militants du nationalisme algérien telles qu'Abane Ramdane, Benyoucef Benkhedda et Saâd Dahlab.

Après le lycée, il suit les traces de son frère ainé, Ahmed Boumendjel, et fait des études de droit. Il le suit également sur le terrain politique, puisque son frère est proche de Ferhat Abbas, et que Ali devient journaliste à L'Égalité, organe des Amis du manifeste et de la liberté.

En 1946, à la création de l'Union démocratique du manifeste algérien (UDMA) il en devient membre et devient, après 1954, l'avocat des nationalistes algériens. En 1955, il intègre le Front de libération nationale (FLN), et fait la liaison entre l'UDMA et le FLN.

Il a été marié et père de 4 enfants : Nadir, Sami, Farid et Dalila[2].

Assassinat maquillé en suicide sur ordre d’Aussaresses

Ali Boumendjel est arrêté le , pendant la bataille d'Alger. Il est détenu en divers lieux de la région d'Alger et torturé. Il est assassiné quarante-trois jours après son arrestation, le 1957, sur ordre du commandant Paul Aussaresses, qui le reconnaitra lui-même dans ses mémoires parues en 2001[3], confirmant que l'exécution avait été planifiée. Ali Boumendjel a été jeté du sixième étage d’un immeuble abritant un centre de torture, situé à El Biar sur les hauteurs d’Alger, permettant de maquiller son assassinat en suicide par défénestration[4]. Sa mort avait secoué les intellectuels français de tous bords cherchant à connaitre la vérité sur la mort de ce jeune avocat pacifiste. C'est dans ce même immeuble qu'ont été détenus et torturés le journaliste Henri Alleg et le mathématicien Maurice Audin, lui-même porté disparu depuis lors.

Reconnaissance de l'État français

À la suite des préconisations du rapport de l'historien Benjamin Stora sur la mémoire franco-algérienne, le , le président français Emmanuel Macron reconnaît qu'Ali Boumendjel a été « torturé et assassiné » par l'armée française. Le président a reçu quatre des petits-enfants d'Ali Boumendjel pour leur annoncer la reconnaissance, au nom de la France, de son assassinat. Le communiqué évoque ainsi l'aveu de Paul Aussaresses d'avoir ordonné à l'un de ses subordonnés de maquiller le meurtre en suicide[5],[6].

Distinctions

En 1999, Ali Boumendjel reçoit l'ordre du Mérite national algérien à titre posthume.

Une rue et une station du métro portent son nom à Alger ainsi qu'une cité à Relizane, sa ville natale.

Notes et références

  1. Rahal Malika, « Ali Boumendjel, une affaire française, une histoire algérienne », Les belles lettres,
  2. « Malika Boumendjel, veuve de l’avocat Ali Boumendjel : « Mon mari ne s’est pas suicidé, il a été torturé puis assassiné » », sur algeria-watch.org (consulté le 24 janvier 2021)
  3. « 4. PAUL AUSSARESSES, SERVICES SPECIAUX. ALGERIE 1955–1957 (2001) », dans Das Recht des Politischen, transcript-Verlag, (ISBN 978-3-8394-2605-0, lire en ligne), p. 67–128
  4. Mort du général Aussaresses, tortionnaire en Algérie
  5. « Guerre d'Algérie : Macron reconnaît que le militant Ali Boumendjel a été «torturé et assassiné» par l'armée française », sur Le Figaro, (consulté le 2 mars 2021)
  6. « Reconnaissance par la France de l’assassinat d’Ali Boumendjel. », sur Élysée, (consulté le 2 mars 2021)

Voir aussi

Articles connexes

Sources

Liens externes

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